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Que se passait-il derrière les portes des couvents féminins ?
Si la clôture fut d’abord imposée par le Concile de Trente (1545-1563) comme un rempart protecteur pour les religieuses, les couvents furent également un lieu d'enfermement, au nom d’une tradition monastique, en référence à des représentations dépréciatives portées sur le corps féminin. Peu à peu, ils furent instrumentalisés par le clergé pour exercer un contrôle spirituel, par les pouvoirs publics comme un outil de régulation sociale et par les élites au service de leurs logiques patrimoniales.
Refuges pour les unes, prisons pour les autres, les couvents sont des micro-sociétés qui reflètent une grande diversité de conditions féminines dans le royaume de France aux 17e et 18e siècles.
Peu à peu, des stratégies ont été élaborées pour dépasser les contraintes de la clôture et intégrer les couvents dans leur environnement urbain, social et économique.Et, au siècle des Lumières, le modèle des ordres contemplatifs de clôture stricte fut progressivement remis en cause, au point de forcer l’ouverture des portes des couvents sous la Révolution française et d’aboutir à la dissolution – éphémère – des communautés religieuses.
Dans cet essai qui adopte un angle inédit, Aude Loriaud interroge la place des femmes dans la société, dévoile le fonctionnement des couvents en même temps qu’elle les replace au cœur des enjeux politiques, économiques et spirituels de leur temps.
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